Assembler les pièces

Les scénarios qui suivent sont fictifs, mais s’apparentent à des situations que vivent les familles du Nouveau-Brunswick. Bien que l’information offerte puisse donner des idées de planification, ils ne sauraient être une source de conseil financier ou juridique pour votre situation familiale particulière. Nous remercions Jeff White de Liberté 55 de fournir l’information relative à la planification financière de ces scénarios. N’hésitez pas à consulter le site Web de Jeff à http://www.jeff-white.net.

Scénario 1 – Marc, Michelle et Nicola

Marc et Michelle sont les parents de Nicola qui, âgée de six ans, a le syndrome de Down. Nicola est en première année à l’école élémentaire de son quartier. Elle n’a ni frère ni sœur pour l’instant, mais Marc et Michelle comptent avoir au moins un autre enfant. Les grands-parents de Nicola sont très actifs dans sa vie et parlent de subvenir aux besoins de Nicola d’une façon ou d’une autre.

Marc et Michelle sont tous les deux au début de la trentaine. Marc travaille à temps plein, alors que Michelle travaille 25 heures par semaine comme infirmière. Ils ont un revenu familial net de 70 000 $. Ils possèdent leur propre maison, qui est actuellement évaluée à 150 000 $, et ont une hypothèque sur laquelle ils doivent actuellement 125 000 $. Collectivement, ils ont épargné 31 000 $ dans des REER et Michelle a contribué à un régime de pension par l’entremise de son employeur, un foyer de soins de la région. Ils ont par ailleurs des actifs à hauteur de 4 200 $ dans un certificat de placement garanti (CPG) qui rapporte 2 % d’intérêt, ainsi qu’un compte d’épargne et de chèque affichant un solde de 2 500 $.

Marc a une police d’assurance-vie temporaire de 50 000 $ par l’entremise de son employeur, tandis que Michelle a une police d’assurance-vie temporaire de 25 000 $ par l’entremise de son employeur.

En plus de leur hypothèque, ils doivent 18 000 $ sur leurs deux voitures et doivent un autre 3000 $ sur leur carte de crédit.

Marc et Michelle aimeraient planifier l’avenir en fonction de leur retraite et en fonction de la sécurité financière de leur fille quand elle sera adulte.

Élaboration d’un plan pour Marc et Michelle

Marc et Michelle sont sur la bonne voie. Comme bien des jeunes familles, ils ont commencé à planifier, mais il leur manque un plan formel qui réunit le tout. Les discussions sur la planification financière avec cette famille suivraient la formule suivante.

Marc et Michelle seront invités à établir un budget afin de déterminer les contraintes de trésorerie du ménage en ce moment. L’exercice permettra au conseiller et à la famille de déterminer le montant pouvant être alloué aux objectifs de la famille qui touchent la retraite et la sécurité financière de leur fille Nicola.

Une analyse de la retraite sera effectuée afin d’évaluer l’objectif de retraite de la famille. L’âge auquel Marc et Michelle souhaitent se retirer et le revenu nécessaire à la retraite sera déterminé en consultation avec la famille. Le conseiller projettera alors le revenu futur généré par les programmes existants (REER, pensions, programmes du gouvernement) pour voir s’il y a des lacunes dans leurs objectifs de retraite. S’il y avait une lacune, et si le flux de trésorerie le permet, une recommandation comprenant l’affectation de ressources additionnelles aux REER et aux comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) est souvent une solution.

Il faut aussi définir l’objectif du portefeuille de CPG. S’agit-il de fonds mis de côté comme compte de « liquidité » ou faut-il les envisager comme planification à long terme? Quelle que soit la réponse, il faudrait pousser plus loin la discussion sur la planification.

Un REEI serait un excellent choix de programme pour ce qui est de fournir la planification de la sécurité pour leur fille Nicola. Marc et Michelle devront d’abord déterminer si Nicola est admissible au Crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH). Si oui, et considérant que le revenu familial de 2011 est inférieur à 83 088 $, Nicola aurait droit à une subvention canadienne pour l’épargne-invalidité (SCEI) de 3 500 $ si Marc et Michelle peuvent budgéter une cotisation annuelle de 1 500 $ dans le REEI. Leur cotisation de 1 500 $ combinée à la SCEI créerait un portefeuille d’une valeur globale de 5 000 $. Cette stratégie peut se poursuivre annuellement à long terme afin d’aider à subvenir aux besoins de Nicola. Le montant de la SCEI annuelle dépendra du revenu annuel de la famille (jusqu’à ce que Nicola atteigne l’âge de 19 ans) et du montant de leur cotisation.

Si Nicola répond aux critères du Crédit d’impôt pour personnes handicapées, le crédit peut être transféré à Marc ou à Michelle, comme fournisseurs de soins de Nicola, car celle-ci n’a pas de revenu à elle. L’épargne fiscale qui découle du transfert du CIPH peut alors être utilisée pour faire des cotisations au REEI de Nicola, ou à d’autres fins.

Il a été mentionné que les grands-parents de Nicola sont très actifs dans sa vie et qu’ils aimeraient préparer son avenir. Peut-être que les grands-parents souhaiteraient participer aux cotisations annuelles au REEI, puisque n’importe qui peut faire une cotisation au régime, à condition d’avoir une permission écrite du titulaire du compte. C’est certainement un sujet de discussion pour toutes les personnes participantes.

Une analyse détaillée de l’assurance devrait être effectuée pour la famille. Les meilleurs plans pour la retraite et l’avenir de leur fille pourraient être sérieusement menacés si Marc ou Michelle devaient mourir. Compte tenu du revenu et de l’endettement familiaux actuels, un conseiller verrait avec eux la protection nécessaire pour leur donner la tranquillité d’esprit de savoir que les survivants pourraient encore atteindre leurs objectifs si Marc ou Michelle mourait. Dans ce cas, un contrat temporaire de 20 ans pour plusieurs centaines de milliers de dollars serait probablement une stratégie recommandée.

En dernier lieu, Marc et Michelle devront consulter un avocat qui offre des services de planification successorale afin de rédiger des testaments (et des procurations). Comme Nicola est encore jeune et qu’elle est fille unique, il faudrait envisager un fonds de fiducie ayant la capacité de durée pendant les années de sa vie adulte. Un avocat peut conseiller sur le meilleur type de fiducie à utiliser. Pendant que Nicola est âgée de moins de 19 ans, les testaments peuvent aussi servir à lui désigner un tuteur au cas où Marc et Michelle mourraient tous les deux.

Si Marc et Michelle ont d’autres enfants, leurs plans financiers et successoraux devraient être révisés pour faire en sorte qu’on s’occupera de tous les enfants.

Scénario 2 – Ed, Joan et Alexander

Ed et Joan ont respectivement 56 ans et 53 ans et sont les parents de trois enfants. L’aîné John a 25 ans et vient de commencer à travailler comme comptable dans une firme d’Halifax. Leur fille de 20 ans Emily en est à sa troisième année de programme de baccalauréat ès arts à l’Université Mount Allison, à Sackville, où elle vit en résidence. Elle espère poursuivre ses études pour devenir enseignante. Âgé de 18 ans, leur cadet Alexander fréquente encore l’école secondaire. Alexander a reçu un diagnostic d’autisme et suit un programme modifié à l’école depuis l’école élémentaire. Ed et Joan espèrent qu’Alexander pourra travailler dans la communauté quand il finira l’école, mais ses perspectives d’emploi sont incertaines. Ils espèrent travailler à une planification de la transition vers le travail en collaboration avec son école secondaire au cours de la prochaine année.

Ed enseigne dans une école intermédiaire et Joan est aide-comptable à temps partiel dans une petite entreprise. Ils ont un revenu familial net de 85 000 $ par année. Ils possèdent leur propre maison actuellement évaluée à 220 000 $ et ont un prêt hypothécaire en cours de 65 000 $. Ed a un régime de pension comme enseignant et compte prendre sa retraite à l’âge de 60 ans. Il a par ailleurs 75 000 $ d’épargnés dans un REER. Joan n’a pas de régime de pension d’employeur, mais a épargné 70 000 $ dans un REER. Elle aimerait prendre sa retraite dans quatre ans quand Ed prendra la sienne, mais pourrait devoir quitter le travail plus tôt, quand Alexander finira l’école dans un an ou deux.

Ed et Joan ont quelques autres actifs. Ils ont tous les deux établi des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) et ont des épargnes de 8 000 $ dans ces comptes. Ils ont 3 000 $ dans des CPG et 4 000 $ dans leur compte d’épargne conjoint.

Ed a une assurance-vie temporaire de 50 000 $ par l’entremise de son employeur et une police à prime viagère de 100 000 $ sur laquelle il n’a plus besoin de payer de primes. Joan a une police d’assurance temporaire de 25 000 $.

Alors que leurs deux plus jeunes enfants grandissaient, Ed et Joan ont investi dans des Régimes enregistrés d’épargne-études. Emily utilise encore le produit de son régime pour aider à payer les coûts de son université.

Élaboration d’un plan pour Ed et Joan

Ed et Joan approchent la retraite et, comme bien d’autres gens dans leur situation, ils se demandent s’ils ont affecté assez de ressources pour leur retraite. Ils souhaitent par ailleurs aider leur fils dans la mesure du possible.

Un conseiller doit d’abord effectuer une analyse détaillée des besoins de revenu familial à la retraite. Ensuite, un plan sera établi de la façon que la famille coordonnera les fonds de ses REER et de ses CELI pour augmenter la pension et les programmes du gouvernement qui commenceront à la retraite. Un test devrait être effectué pour évaluer la pression qui s’exercera sur les objectifs de retraite si Joan quitte le marché du travail de façon précoce quand Alexander quittera l’école.

Alexander est à un âge lui permettant de demander des prestations de soutien du revenu du gouvernement du Nouveau-Brunswick comme personne ayant un handicap. Il faudra pour cela qu’il soit reconnu comme personne « invalide » aux fins du programme de soutien du revenu. S’il satisfait aux exigences, il aura droit de recevoir un chèque mensuel, mais le montant peut être réduit pendant qu’il vit à la maison (à cause du revenu de ses parents). S’il satisfait aux exigences pour la prestation d’invalidité, il pourra par ailleurs gagner jusqu’à 250 $ par mois avant de voir une réduction de sa prestation mensuelle. Si Alexander peut trouver un emploi à temps plein après avoir fini l’école, il ne satisfera probablement pas aux exigences pour les prestations de soutien du revenu, mais il pourra s’attendre à plus de revenus.

Un REEI serait une option prudente qu’Ed et Joan pourraient envisager pour Alexander. S’ils n’ont pas encore fait de demande de Crédit d’impôt pour personnes handicapées pour Alexander, ils devront d’abord franchir cette étape avant de songer à établir un REEI. Comme Alexander a actuellement 18 ans, les subventions canadiennes pour l’épargne-invalidité seraient déterminées en fonction du revenu du ménage de ses parents. Comme le revenu familial d’Ed et de Joan pour 2011 est supérieur à 83 088 $, la SCEI correspondra à la première tranche de 1000 $ cotisée dans le programme. Ainsi, un dépôt de 1000 $ générerait une subvention de 1 000 $ pour un total de 2 000 $ la première année. À l’âge de 19 ans et chaque année par la suite, le revenu utilisé pour la contribution en subvention sera celui d’Alexander, ce qui permettra probablement d’obtenir des subventions plus élevées et peut-être aussi l’inclusion du Bon canadien pour l’épargne-invalidité.

Si Alexander satisfait aux exigences pour ouvrir un REEI, les fonds inutilisés restant dans les portefeuilles de REER de Joan et de Ed peuvent être transférés au REEI d’Alexander à leur décès sans déclencher une disposition réputée ou des conséquences fiscales. Ce transfert exempt d’impôt pourra s’élever jusqu’à la limite de 200 000 $ de cotisation dans un REEI, moins les cotisations effectuées auparavant. Si cette option est envisagée, la famille voudra probablement planifier en fonction d’assurer que ses deux autres enfants soient eux aussi traités équitablement relativement au produit de la succession.

Comme pour toutes les familles, une analyse détaillée d’assurance devrait être effectuée pour Ed et Joan. Compte du faible endettement de la famille et de l’échéance de la retraite, il n’est pas irréaliste de supposer qu’ils aient une protection adéquate en place. Il faut faire preuve de prudence, car le contrat à terme de protection des régimes privés de pension d’employeur de Joan et d’Ed ne continuera probablement pas à la retraite. D’autres questions doivent être posées afin de déterminer les objectifs d’Ed et de Joan pour leur succession et la façon qu’ils souhaitent laisser leurs actifs à leurs trois enfants.

Un testament détaillé indiquant les intentions d’Ed et de Joan devrait être établi afin de faciliter l’établissement des objectifs de la planification. Comme Alexander a un handicap intellectuel, la mise sur pied d’une fiducie pour sa part des actifs de la succession sera probablement nécessaire. S’il répond aux critères pour les prestations de soutien du revenu provinciales comme personne reconnue « invalide », il pourra avoir jusqu’à 200 000 $ dans un fonds de fiducie et recevoir des paiements pouvant aller jusqu’à 800 $ par mois sans réduire ses prestations de soutien du revenu. Un REEI peut procurer des prestations semblables; par conséquent, Ed et Joan devront décider de la meilleure façon d’utiliser ces deux options si Alexander est admissible. Si Alexander peut travailler à temps plein, une fiducie pour lui reste une option valable, mais le montant et les conditions de la fiducie ne seront pas limitées par les règles du soutien du revenu.

Scénario 3 – Dawn et Robert

Dawn est une mère célibataire de 48 ans qui a deux enfants. Âgée de 25 ans et mariée, sa fille Annie a un enfant de deux ans. Elle est coiffeuse dans la même ville que sa mère. Robert, le fils de Dawn, a 26 ans et vit à la maison avec sa mère dans un appartement de deux chambres à coucher. Robert a un handicap intellectuel et travaille 15 heures par semaine à un restaurant de la région ou il gagne le salaire minimum (environ 550 $ par mois). Une agence de placement l’a aidé à se trouver un emploi. Quand il ne travaille pas, il passe la plupart de son temps à la maison, mais il aime déambuler dans la ville ou aller au restaurant Tim Horton du coin chaque jour.

Robert satisfait aux exigences du Crédit d’impôt pour personnes handicapées fédéral, mais comme il n’a pas assez de revenus pour payer de l’impôt, Dawn peut réclamer le CIPH afin de réduire ses propres impôts.

Dawn travaille à temps plein dans un grand magasin depuis 15 ans. Elle gagne 26 000 $ par année. Ses principaux actifs sont ses articles de maison, une voiture vieille de six ans et un compte bancaire ayant un solde de 1500 $. Elle n’a ni assurance-vie ni épargne-retraite autre que ses cotisations au régime de pension du Canada.

Robert reçoit des prestations de soutien du revenu des personnes handicapées du Nouveau-Brunswick (618 $ par mois en 2011). Puisqu’il gagne 550 $ par mois, son chèque de soutien du revenu est réduit de 300 $ par mois, car il a droit de garder 250 $ par mois des salaires d’un emploi avant réduction de ses prestations. En mettant ensemble les prestations de soutien du revenu et le revenu d’emploi, il rapporte chez lui 868 $ par mois. Il a aussi droit au supplément pour invalidité provincial de 83 $ par mois, ce qui lui donne un revenu global de 951 $ par mois. Même si Dawn aimerait voir Robert s’installer dans son propre appartement, elle craint que Robert et elle aient tous les deux à réduire leur niveau de vie, car le revenu de Robert (combiné au sein) permet de garder un logement convenable et d’autres commodités pour les deux.

Élaboration d’un plan pour Dawn et Robert

Les craintes de Dawn sont fondées et l’aide d’un conseiller financier serait très précieuse. Dawn aimerait aider son fils Robert aujourd’hui et à long terme. L’objectif de faire en sorte que Robert ait son propre logement a fait l’objet de discussion. Elle ne sait pas si elle a le flux de trésorerie qu’il faut pour l’aider.

Un conseiller aiderait Dawn à déterminer le flux de trésorerie dont elle dispose pour maintenir sa maison actuelle et si Robert a suffisamment de fonds à sa disposition pour garder son propre logement. La décision de modifier ou non leurs conditions de vie devrait être prise après que toutes les options ont été examinées. Ils devront considérer l’incidence du déménagement de Robert sur son niveau de vie et sur celui de Dawn.

Indépendamment de la décision concernant le logement, le conseiller devrait recommander d’introduire le REEI (Robert est déjà admissible au Crédit d’impôt pour personnes handicapées). Comme Robert a plus de 19 ans, il serait le titulaire du compte et son revenu serait un facteur pris en compte pour la contribution en subvention et la disponibilité du Bon canadien pour l’épargne-invalidité. Comme le revenu de Robert de 2011 était inférieur à 24 183 $ par année, le gouvernement versera une contribution de 1000 $ par année dans le compte sans que Robert ou sa mère cotise.

L’analyse du flux de trésorerie qui aide la famille à déterminer comment procéder en ce qui concerne le logement permet aussi de déterminer si des fonds sont disponibles pour cotiser dans le REEI. Une cotisation annuelle de 1500 $ générerait des subventions additionnelles de 3500 $. Il est concevable qu’une contribution de 1500 $ de Robert et de Dawn aboutisse à une valeur de portefeuille de 6000 $ (une fois réclamé l’ensemble des subventions et des bons disponibles). Toute cotisation de moins de 1500 $ par année permettra quand même à Robert de réclamer une partie des subventions du gouvernement. Cette stratégie peut être répétée chaque année.

Si le flux de trésorerie ne permet pas de faire des cotisations, une autre stratégie à considérer serait que Dawn se procure un contrat d’assurance. De préférence, il s’agirait d’un contrat temporaire à coût uniformisé jusqu’à l’âge de 100 ans. Les coûts annuels de ce programme seraient relativement abordables et le produit payable après le décès de Dawn peut être versé directement dans le REEI (jusqu’à 200 000 $) et/ou dans un fonds de fiducie pour Robert. Cela maximiserait les ressources affectées aux difficultés de l’heure tout en assurant par ailleurs le maintien de la sécurité financière de Robert après le décès de Dawn.

Même si Dawn ne possède pas beaucoup d’actifs, elle devrait quand même faire un testament. Cela assurera que tous les actifs qu’elle possède au décès puissent être partagés entre ses deux enfants d’une façon qu’elle estime équitable. Toute part que Robert pourrait hériter devrait être placée en fiducie pour lui afin de protéger ses intérêts. Si elle accepte et si elle est financièrement responsable, sa sœur Annie pourrait être une fiduciaire du fonds de fiducie de Robert.

Scénario 4 – Charles, Annette et Arthur

Charles et Annette ont 69 ans et 67 ans respectivement et sont à la retraite. Ils ont deux enfants, à savoir Daniel, agent immobilier de 42 ans, marié et père de deux enfants, et Arthur qui, âgé de 37 ans, vit toujours à la maison. Arthur a un handicap intellectuel léger, de même qu’un handicap physique qui lui donne de la difficulté à marcher.

Arthur ne travaille pas pour l’instant, mais reçoit 20 heures de financement de soutien par semaine, qui permettent à sa famille d’embaucher un travailleur de soutien pour l’aider à prendre une part active dans sa communauté en faisant du bénévolat à une soupe populaire locale et dans des activités de loisir comme la natation. Il reçoit par ailleurs des prestations de soutien pour personnes handicapées à hauteur de 463 $ par mois (il aurait autrement droit à la pleine prestation de 2011, à hauteur de 618 $, mais son chèque est réduit de 25 % parce qu’il vit chez ses parents et que leur revenu familial est supérieur à 40 000 $ par année). Arthur reçoit de plus le supplément pour invalidité de 83 $ par mois.

Charles et Annette possèdent leur propre maison évaluée à 225 000 $, exempte d’hypothèque. Ils aimeraient « réduire la taille » de l’habitat, car ils trouvent que l’entretien exige beaucoup de travail.

Charles reçoit une pension du gouvernement provincial pour ses 35 années de service comme employé du ministère des Transports. Cette pension lui procure 30 000 $ par année en prestations. Il reçoit par ailleurs 11 000 $ par année en prestations du Régime de pensions du Canada en plus de 6 200 $ par année en prestations de Sécurité de la vieillesse. Annette travaille de façon sporadique à l’extérieur de chez elle et reçoit 1 800 $ par année en prestations du Régime de pensions du Canada en plus de 6 200 $ par année en prestations de la Sécurité de la vieillesse. Le revenu annuel global de Charles et d’Annette est de 55 200 $.

En plus de leur maison, Charles et Annette ont d’autres actifs. Charles a 70 000 $ d’épargné dans un REER, somme qui n’a pas encore été convertie en FERR. Ils possèdent par ailleurs un chalet d’été sur un lac, mais ne sont pas certains de sa valeur. Ils ont 12 000 $ d’épargné dans des CPG à court terme.

Arthur satisfait aux exigences pour le Crédit d’impôt pour personnes handicapées fédéral. Comme il n’a pas de revenu imposable, son père Charles réclame le crédit dans sa propre déclaration de revenus.

Charles et Annette se préoccupent de ce qu’il adviendra d’Arthur quand ils ne seront plus en mesure de prendre soins de lui. Ils voudraient qu’il vive ailleurs prochainement, mais ne savent pas trop comment procéder.

Élaboration d’un plan pour Charles, Annette et Arthur

La situation à laquelle font face Charles et Annette est courante chez les familles d’un enfant ayant un handicap. Ils se préoccupent de ce qu’il adviendra d’Arthur quand ils ne seront plus en mesure de subvenir à ses besoins et de prendre soins de lui et aimeraient établir des conditions de logement pour lui, conditions qui seraient avantageuses pour toutes les parties.

La première chose à considérer serait l’objectif d’aménager un logement plus petit, et ce, afin de déterminer si la stratégie est viable. Avec leur autre fils qui travaille dans le secteur de l’immobilier, il faudrait faire des plans de manière à examiner différentes options de logement plus petit. Est-ce que la maison, le condo ou l’appartement de plus petite taille répondrait encore aux besoins de Charles, d’Annette et d’Arthur ou devraient-ils considérer une seconde résidence pour Arthur? Charles et Annette devraient aussi se demander s’ils veulent garder leur chalet ou le vendre pour les aider à répondre aux besoins relatifs à leur retraite et à leur volonté de s’occuper d’Arthur. À tout le moins devraient-ils déterminer la valeur de la propriété.

Un budget devrait être établi pour s’assurer que le revenu de retraite de Charles et d’Annette et les prestations du gouvernement d’Arthur suffisent pour soutenir tout changement dans les conditions de logement à court terme.

Comme la maison existante est exempte d’hypothèque, s’ils prennent un logement plus petit, il est réaliste de supposer qu’un excédent serait retenu après le passage à un logement plus petit. Il faudra planifier en fonction de la taille de l’excédent et le type de logement qu’ils choisissent comme nouveau domicile.

Arthur devrait établir un REEI. Comme il a plus de 19 ans, il sera le titulaire du compte et c’est son revenu qui sera le facteur dont on tiendra compte pour la contribution en subvention et la disponibilité du Bon canadien pour l’épargne-invalidité. Comme le revenu d’Arthur en 2011 est inférieur à 24 183 $ par année, le gouvernement contribuera 1000 $ par année dans le compte sans qu’il y ait de cotisations. Il pourra réclamer des subventions et des bons jusqu’à l’âge de 49 ans, et pourrait par ailleurs réclamer des subventions et des bonds en remontant jusqu’à 2008 (les subventions des années précédentes nécessitent que des cotisations soient effectuées pour ces années).

Si un montant global est disponible à la suite du changement de logement pour un plus petit, Charles et Annette souhaiteront peut-être examiner certaines options qui profiteront à Arthur. L’une d’entre elles serait de déposer la somme globale dans le REEI dans la première année. Alors que les subventions de 3500 $ ne sont payables que sur la première tranche de 1500 $ déposé, les avantages à long terme de la croissance à l’abri de l’impôt dans le REEI sur l’excédent mériteraient d’être étudiés. L’étalement du montant sur un certain nombre d’années devrait être envisagé pour obtenir le maximum de subventions admissibles.

Une autre option serait d’utiliser tout ou partie de l’excédent découlant de la réduction de la taille du logement (ou le produit de la vente du chalet d’été) pour acquérir une maison pour Arthur. Selon les souhaits ou les besoins d’Arthur, une petite maison ou un condominium pourrait convenir pour répondre aux besoins de logement d’Arthur (y compris ses besoins en matière d’accessibilité découlant de son handicap physique). Si l’on acquiert un logement pour Arthur, Charles et Annette devront demander des conseils juridiques afin de déterminer la meilleure façon de lui laisser la maison (par exemple, une fiducie de logement). Si Arthur devait déménager dans sa propre maison, il aurait droit à la pleine prestation mensuelle de soutien du revenu de 618 $ (en 2011), en plus du supplément pour invalidité mensuel de 83 $. Le coût de l’entretien du logement devrait être envisagé, tout comme les stratégies pour payer ses dépenses mensuelles (comme partager un logement avec quelqu’un d’autre qui pourrait partager les dépenses, ou encore, établir un petit fonds de fiducie pour verser les fonds à Arthur comme le permettent les règles relatives au soutien du revenu). L’accès à des services de soutien devrait aussi être étudié pour faire en sorte qu’Arthur ait le soutien dont il aurait besoin pour vivre dans son logement.

En dernier lieu, Charles et Annette devront s’assurer que leurs testaments et leurs procurations sont à jour. Comme Arthur reçoit des prestations de soutien du revenu, tous actifs qui lui sont laissés devront être placés dans une fiducie ou un REEI afin de protéger ses prestations.

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